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Caractéristiques phénotypiques de la chèvre « Arbia » élevée dans le Sud-Est Algérien 4/5

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Caractéristiques phénotypiques de la chèvre « Arbia » élevée dans le Sud-Est Algérien 4/5

Discussion

Le système extensif et la gestion traditionnelle des élevages caprins sont les principales
caractéristiques de la plupart des exploitations. Ce qui est le cas pour Kadi et al. (2013)
en région montagneuse de Kabylie et pour Nafti et al. (2009) dans l’oasis tunisienne.
Comme l’a annoncé Khelifi (1999) la chèvre joue un rôle de guide pour l’ensemble du
troupeau mais elle a moins d’importance que son compagnon (mouton).
L’autoconsommation dans a majorité des cas du lait produit est confirmée par Sahraoui et
al. (2016).

Le nombre limité des boucs se traduit par leur vente comme source de revenu, par leur
abattage en vue de diminuer les charges liées à l’alimentation et aux soins et par la

préférence constatée à la viande de chèvres tel que Sahraoui et al. (2016) ont rapportés.
Pour Kalenga et al. (2015); en plus des raisons sur-citées; la vente est effectuée pour le
contrôle de la densité des animaux dans la bergerie, et pour leur consommation lors des
fêtes religieuses et autres.

Les principaux problèmes identifiés étaient les maladies et la pénurie d’eau et d’aliments
dans le système d’élevage extensif.

Pour les caractères morphologiques qualitatifs: la majorité des femelles de notre étude
possèdent des cornes conformément aux résultats obtenus par Ouchene-khelifi et al.
(2015) chez les chèvres Arabia (76.88%), kabyles (71.95%), Makatia (77.09%) et
Mozabite (64.32%). Avec une dominance de la forme ibex pour les femelles.

D’après Yakubu, Raji et Omeje (2010), la fréquence de présence des cornes chez les
caprins est influencée par la race et le sexe de l’animal. Ils présentent un des appendices
importants intervenants dans le mécanisme de thermorégulation (Robertshow, 2006,
FAO, 2012). Ainsi leur présence est un indice de meilleures performances reproductives
comparativement aux boucs sans cornes (Hasan et Shaker, 1990; Al- Ghalban et al.
2004; Kridli et al., 2005). L’absence des cornes est parfois un signe de stérilité des boucs
ou de semence d’une faible concentration en spermatozoïdes (Al-Ghalban et al., 2004).
Pour Carlson (2001); la production des cornes utilise de l’énergie qui aurait pu être
utilisée pour la production de viande chez l’animal.

Le caractère oreilles tombantes est présent chez la chèvre kabyle étudiée par
Esperandieu et Chaker (1994). Mais pour Hilal et al. (2013); 51,40% des chèvres Beni
Arrous ont la forme de l’oreille verticale. Différents auteurs ont traité ce caractère parmi
eux; Dumas (1980) ; Traoré et al. (2008) et Mani et al. (2014).

Le profil rectiligne de tête est un trait très visible chez les animaux de notre étude ce qui
accorde les résultats de Lanari et al. (2003) chez la chèvre Criollo. Contrairement aux
chèvres Nuer, elles ont un profil facial concave (Gezahegn et al., 2015). Le profil de la
tête est un trait important dans la détermination de l’origine raciale des animaux (Herrera
et al., 1996).

Pour l’étude de Ouchene-Khelifi et al. (2015), les chèvres: Arbia (46,95%), Kabyle
(86,59%), Makatia (69,09%) et M’zabite (83,42%) n’ont pas de barbiche, ce qui n’est pas
la cas pour El Moutchou et al. (2017) qui ont constatés que 60% des chèvres du Nord du
Maroc sont pourvues de barbiche. Des proportions de présence différentes selon le sexe
ont été obtenues par Wilson (1991) ; Traore et al. (2006) ; Traoré et al. (2008) ; Yakubu,
Raji et Omeje (2010) ; Hilal et al. (2013) et Mani et al. (2014). Yakubu, Raji et Omeje
(2010) ont constaté que la présence de la barbiche chez les deux sexes avec une
supériorité distincte chez les mâles, c’est le fait que la barbe constitue un caractère
sexuel secondaire chez les mâles d’une part et, d’autre part, le gène codant pour la
barbiche est dominant chez les mâles mais chez les femelles; il existe dans l’état
récessif.

L’absence des pendeloques a été notée pour la plupart des animaux de l’actuelle étude
et également chez 68,52 et 83,64% de chèvres Alpines et Saanen élevées en Algérie
pour Ouchene-khelifi et al. (2015). La présence des pendeloques a été rapportée par
plusieurs auteurs (Ozoje, 2002; Najari et al., 2006; Dossa et al., 2007 ; Traoré et al.,

2008, Yakubu, Raji et Omeje, 2010, Marichatou et al., 2012, Hassen et al., 2012) avec
des pourcentages différents chez les mâles et les femelles. La fréquence de la présence
des pampilles est variable chez les races caprines; il est délicat de juger que leurs
absence est un caractère sauvage ou le contraire (normal) (Ricordeau et Bouillon, 1967).
D’après Meyer et al. (2004); pour l’espèce ovine, bien qu’il n’est pas bien démontré,
parfois leurs présence chez les brebis leurs donnent la caractéristique d’une bonne
aptitude laitière. En fait, Casu et al. (1970) ont montré que c’est un signe de supériorité
productive en termes de prolificité, de fertilité et de production de lait chez les brebis
s Sardes en Italie. Shongjia et al. (1992) ont également signalé un taux élevé de
production de lait chez les chèvres Saanen à pampilles. Les chèvres avec pendeloques
sont dociles et ont un meilleur mécanisme de thermorégulation que les autres (Odubote,
1994). Elles ont une tolérance aux maladies selon Richard et al. (1990) pour l’Alpine et la
Saanen.

La coloration des poils est due au pigment mélanine. Les différentes nuances et couleurs
sont déjà présentes par des variations dans la taille, la densité et la distribution des
granules pigmentaires (Adalsteinsonson, 1994). Il existe deux types de pigments chez les
mammifères; l’eumélanine et la phaeomélanine qui sont respectivement responsables de
la couleur noire ou brune et de la couleur tan ou jaune (Lundie, 2011). De nombreux
auteurs ont rapporté les effets de la couleur du pelage chez les ovins sur la tolérance à
l’infestation par les helminthes (Sanusi et al., 2011), sur les caractères de croissance
chez la chèvre naine ouest-africaine (Ozoje et Mgbere, 2002), sur l’intervalle d’agnelage,
la mortalité avant sevrage et sur la taille de la portée (Fadare, 2015) où elle augmente
avec l’augmentation de l’intensité de la pigmentation chez les chèvres selon Ebozoje et
Ikeobi (1998). Cependant, Odubote (1994) a signalé que la pigmentation du pelage
n’avait pas d’effet significatif sur la taille des portées des chèvres élevées sous un
système de gestion intensif. Ebozoje et Ikeobi (1998) ont rapporté la forte influence de la
couleur sur les taux de prolificité et de fécondité. D’après Robertshaw (2006); Les
animaux noirs, y compris les caprins, ont une meilleure adaptation au climat froid
saisonnier ou aux nuits froides, car la pigmentation foncée ou sombre aide à se
réchauffer tôt par rapport aux autres couleurs de la robe. Tandis que la dominance de la
couleur blanche, seule ou en association avec d’autres couleurs, pourrait être une forme
d’adaptation à l’environnement en raison du fort ensoleillement et des températures
élevées (surtout en été) et des pratiques d’élevage par le long séjour des animaux sur
parcours étendus ce qui les exposent au soleil une longue prériodee. (Katongole et al.,
1994, Traore et al., 2006).

Contrairement à nos résultats, la plupart des chèvres des régions Sétif ont des mamelles
développées (85%) (Dekhili et al., 2013). Outre d’autres traits, ceux liés à la mamelle sont
importants pour les performance de reproduction et de production (Elmaz et al., 2016).
Les chèvres bonnes productrices de lait ont le caractère développé comme la chèvre
Surti qui peut produire de 1,5 à 4 litres / jour (Dixit et al., 2013). De nombreuses études
sont réalisées sur ce caractère comme Altincekic et Koyuncu (2011) ; Rupp et al. (2011) ;
Fuentes-Mascorro et al., (2013).

Mis à part l’âge et le sexe, la variabilité intra-population résulte de l’adaptation de cette
espèce à des conditions environnementales spécifiques (FAO, 2012), mais aussi à des
pratiques d’élevage qu’elle a subi depuis son existence et des systèmes de gestion de
ces derniers qui influencent le développement corporel de l’animal et par conséquent les
mesures (Riva et al., 2004, Alade et al., 2008b, Kalenga et al., 2015). La morpho-structure des animaux au pâturage peut être plus influencée par la sélection naturelle
dans leur environnement physique et moins par l’action de la sélection humaine
(Gonzalez-Martinez et al., 2014). Macciotta et al. (2002) ont avancé que cela dépendait
de la situation géographique et que nous pouvions obtenir des informations sur
l’adaptation des animaux aux conditions de gestion par l’analyse morphométrique de la
race).

Les caprins élevés sous un système intensif paraissaient bas au garrot, avec de petites
membres et circonférence thoracique que les animaux du système extensif ou des
pâturages. (Martini et al., 2010).

Tous ces facteurs semblent être d’une importance majeure influençant ainsi l’allure de
l’animal. Comparativement à nos résultats, la Commission Nationale AnGR, (2003) et
Madani et al., (2003) ont indiqué que cette population (Arbia) est divisée en deux soustypes
nommés: sédentaire (poids léger, corps allongé, poils courts …) et transhumant
(lourd, de grand format, poils longs …). Marichatou et al. (2014) dans leurs étude sur la
chèvre du Sahel ont trouvés que cette dernière est subdivisée en quatre sous-types.
Alors que trois types et deux sous-types morphologiques de la population caprine
« Canari » ont été trouvés par Capote et al. (1998) et trois sous-populations différentes
ont été trouvées par Carné et al. (2007) pour la race de chèvre blanca de rasquera.
L’analyse en composantes principales a montré que les traits morphologiques les plus
importants utilisés pour différencier les sous-populations de chèvres des oasis
tunisiennes étaient la hauteur au garrot, la circonférence thoracique et la longueur des
oreilles (Nafti et al., 2014).

A suivre… Lire la suite