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Caractéristiques phénotypiques de la chèvre « Arbia » élevée dans le Sud-Est Algérien 1/5

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Caractéristiques phénotypiques de la chèvre « Arbia » élevée dans le Sud-Est Algérien 1/5

Introduction

L’élevage caprin en Algérie est une spéculation ancestrale. Le type familial est très répandu dans les régions sahariennes où plusieurs populations locales sont élevées pour leur lait et leur chair sous un mode traditionnel associé ou non à d’autres espèces. La majorité des populations sont soumises seulement à la sélection naturelle (Madani, 2000). D’après Charlet et Le Jaouen (1977) ; le rameau Nord Africain gros à poils noirs se rapproche du type Kurde et Nubio-syrien, des métissages avec les races méditerranéennes existent également (Geoffroy, 1919) telles que la Maltaise, la Murciana, la Damasquine, la Toggenburg et avec l’Alpine et la Saanen plus récemment (Madani, 2001). La population locale est divisée en plusieurs sous-populations: celle dite Sahélienne ou Touareg, Fulani, Bariolée du Sahel et subdivisé en deux sous populations; la Arbia et la Makatia. La naine de Kabylie des montagnes de Kabylie et du  Dahra. Il existe aussi la M’zabit (de Tougourt, M’zab) au sud du pays. (Madani et al., 2003).

La capacité d’adaptation de cette espèce aux conditions de vie difficiles est une des multiples atouts. A cause du brassage aléatoire entre les animaux (autochtones ou de races importés); la diversité génétique est en voie de disparition ce qui engendre la privation des races proprement dites de vocation et de performances définies ce qui influe sur la qualité et la quantité de ces biens.

L’identification des caractéristiques des ressources génétiques locales (phénotypique et/ou génotypique) est une étape primordiale et essentielle pour tout programme ou stratégie de sélection, d’amélioration des performances et de conservation génétique (Nesamvuni et al., 2000; Delgado et al., 2001; Mwacharo et al., 2006; Gizaw et al., 2007; Martins et al., 2009), et pour une gestion optimale et durable des ressources animales (Lanari et al., 2003). Les mesures externes du corps sont des sources importantes de données qui reflètent les standards de la race (Riva et al., 2004), qui peut être protégée  ou menacée en raison de la régression en nombre d’individus par effet de croisement anarchique. (Mernies et al., 2007; Parés, 2007; De la Barra et al., 2011).

En Algérie ; les études de caractérisation des ressources génétiques animales sont récentes et restent rudimentaires. Pour l’espèce caprine ; la chèvre « Arbia » est l’une des populations les plus importantes en matière d’effectif mais n’a pas bénéficié d’études approfondies afin d’orienter son utilisation et d’améliorer sa production par la suite.

L’objectif assigné à cette étude est de mettre en évidence les caractéristiques morphologiques de la population de chèvres « Arbia » par le biais des mesures quantitatives et qualitatives.

Matériel et méthodes

L’étude concerne les caprins des populations élevées en région de Biskra sous un mode d’élevage familial, dont l’âge adulte des animaux ayant subi des mesures corporelles est déterminé par l’examen de la dentition selon Wilson et Durkin (1984); Bouchel et  al. (2006) et Abegaz et Awgichew (2009).

Les mensurations des parties du corps concernent les longueurs ; de tête (LT1, LT2), des oreilles (LO), des cornes (LCrn), du corps (L Crps), du canon antérieur (L Can), de la queue (LQ) et du poil (L Poil), et de la largeur de tête (Lrg T). Les mesures comprennent également les tours: du cou (T Cou), abdominal (TA), de poitrine (TP), de la cuisse (T  Cui), d’avant-bras (Tab), du canon antérieur (T Can) et du paturon (T Patr). En outre, la profondeur de la poitrine (PP), les hauteurs : au garrot (HG) et au sacrum (HS) et le poids adulte (P). Les traits qualitatifs visuellement appréciés sont : la couleur de la robe (CR), la forme des cornes (FC), la forme des oreilles (FO), la présence de la barbiche (PB) et des pendeloques (PP), le profil de la tête (FP), le profil du dos (PD) et enfin le développement des mamelles (DM).

Les caractères qualitatifs (8 variables) et quantitatifs (20 variables) ont été relevés chez 226 têtes adultes (196 femelles et 30 mâles) échantillonnés auprès de 17 exploitations.  La méthodologie utilisée pour la détermination des parties du corps et les mesures des traits morphologiques a été décrite par plusieurs auteurs; Salako et Ngere, 2002; Yakubu, 2009; Miranda-de la Lama et al., 2011; FAO, 2012, 2013. Pour éviter toute erreur ou variation du corps affectant les données, l’animal doit être à jeun, en position debout correcte (Khan et al., 2006), calme (Abegaz & Awgichew, 2009), sur une surface plane et l’opération effectuée par la même personne ou par un groupe de personnes. Les chèvres gestantes ont été éliminées des échantillons vu les différences remarquées comparativement aux chèvres vides tel que le poids corporel. (Kunene et al., 2007). Des enquêtes sur la caractérisation de la gestion des élevages caprins ont été réalisées à l’aide de questionnaires d’enquête.

Région d’étude

Biskraest situé dans la partie sud-est de l’Algérie aux portes du Sahara. À une altitude de 124 m, sa latitude est de 34,48 (N) et sa longitude est de 5,44 (E). Elle est limité par les provinces suivantes: Batna au Nord, M’Sila au Nord-Ouest, Khenchela au Nord-Est et au Sud par Djelfa, El Oued et Ouargla. Le chef-lieu de la province est situé à 400 km de la capitale, Alger.

Analyse statistique des données

Les données recueillies ont fait l’objet des analyses statistiques multi-variées ; l’analyse  en composante principale (ACP) et la classification ascendante hiérarchique (CAH). Cette dernière est utilisée pour créer des groupes homogènes de classes d’individus sur la base de leur description par un ensemble de variables (Everitt et al., 2001). L’ACP d’après Jolliffe (2002) permet de réduire les dimensions pour l’exploration statistique de données quantitatives complexes. Elle permet d’étudier et de visualiser les corrélations entre variables et d’obtenir des facteurs non corrélés qui sont des combinaisons linéaires des variables de départ…. Ces analyses ont été réalisées par le logiciel XLSTAT 2017.

Caractéristiques de la gestion des élevages

Les enquêtes ont montré que la population de chèvre de type « Arbia » est dominée dans la région d’étude, d’autres populations et types génétiques exotiques (Saanen, Alpine, etc.) existent également mais en nombre limité.

Les caprins sont conduits en extensif où l’alimentation est assurée par le pâturage naturel, le reste de la ration est fourni par des concentrés (orge) ainsi que par la paille, le son, les sous-produits des cultures des palmiers dattiers (rebuts de datte et les noyaux, les palmes sèches et les pédicelles).

Le système de logement est simple et traditionnel. Les troupeaux sont caractérisés par la présence de l’espèce ovine avec les caprins (93,75%) où ce dernier joue un rôle de guide pour le troupeau. Trente et un pour cent de la taille des troupeaux caprins ont plus de 45 têtes, principalement des femelles, qui sont gardées pour la production laitière destinée principalement aux chevreaux, à l’autoconsommation ou, dans certains cas, à la vente ou au don. Les naissances permettent d’augmenter la taille du troupeau dont les chevrettes sont utilisées pour le renouvellement du troupeau avec un minimum d’un futur géniteur, contrairement aux chevreaux qui sont vendus ou abattus à un âge précoce (moins d’un an). Les boucs sont en nombre réduit (trois maximum). La reproduction non contrôlée; l’accouplement libre et la présence des mâles en permanence avec les chèvres sont les caractéristiques de toutes les exploitations.

Les principaux problèmes de santé signalés par les éleveurs et qui sont hétérogènes de l’un à l’autre sont les troubles digestifs tels que la diarrhée des chevreaux ou liés à la reproduction (dystocie pendant la parturition, avortements), les mammites, les piétins et les parasites externes. Les maladies ou les malformations sont les raisons pour lesquelles les animaux sont réformés.

Traits morphologiques qualitatifs:

Le tableau suivant (1) présente les variables qualitatives des chèvres « Arbia »

Tableau 1 : Fréquences des traits morphologiques qualitatifs

VariablePhénotypeFréquence pour mâles(%)Fréquence pour femelles (%)
Forme des cornesAbsentes Ibex Markhar37% 19% 44%23% 67% 10%
Forme des oreillesDressées Horizontales Demi-horizontales Tombantes    4% 96%2% 2% 11% 85%
Profil de têteRectiligne Convexeligne Concaveligne100%99% 1%
BarbicheAbsente Présente4% 96%71% 29%
PendeloquesAbsentes Présentes81% 19%87% 13%
Couleur de robeBlanche Noire Brune Noir et blanc11% 45% 4% 33%9% 36% 4% 38%
Profil du dosDroit Non droit100%95% 5%
MamellesPeu développées Développées/58% 42%

A partir du tableau 1, les chèvres Arbia sont caractérisées par: la plupart des femelles (77%) et des mâles (63%) ont des cornes de forme ibex (67%) pour les femelles et markhar pour les mâles (44%). Pour les oreilles, la forme tombante est la forme dominante (86% des chèvres et 96% des boucs). Tous les animaux ont un profil de tête et de dos droit, 87% des femelles et 81% des mâles sont dépourvus de pendeloques. La fréquence de présence de la barbiche chez les mâles est de 96% et de 29% chez les femelles. Le noir (45%, 36%) et le noir et blanc (33%, 38%) étaient les couleurs de pelage les plus importantes chez les mâles et les femelles respectivement. 58% des femelles étaient caractérisées par des mamelles non développées.

A suivre…… Lire la suite