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Gestion des effluents

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Gestion des effluents

Qu’est-ce qu’un effluent ?

L’élevage caprin produit, communément, deux types d’effluents, les fumiers et les lisiers. Pour coopérer à l’augmentation de la productivité agricole de la ferme, ces effluents sont recyclés en engrais organiques.

L’élevage caprin laitier produit, de surcroît, d’autres types d’effluents. Il s’agit des eaux blanches (résultant du lavage du matériel de traite, de stockage et de la fromagerie), des eaux vertes (provenant de l’aire d’attente, des quais de traite et du fond de la fosse de traite mais aussi du jus d’ensilage ou d’écoulement des silos d’herbe ou de maïs) et des eaux brunes (correspondant aux eaux pluviales souillées par les déjections des animaux sur les aires d’exercices non couvertes).

Par ailleurs, la transformation fromagère produit, elle aussi, des effluents tels que le lait non commercialisable (lait mammiteux et colostrum) et le lactosérum.

Quels risques pour l’environnement ?

Lorsqu’ils sont directement rejetés dans le milieu, à l’extérieur de la ferme, tous ces effluents peuvent être à l’origine de problèmes environnementaux importants (risques de pollution des cours d’eau, des étangs, des lacs, des réservoirs, des puits, des eaux souterraines et des habitats comme les zones boisées ainsi que les zones où la flore et/ou la faune sont protégées).

Comment gérer les effluents ?

Afin de réduire au minimum l’incidence de ces substances à l’extérieur de la ferme, il est important, d’adopter un plan de gestion efficace de ces effluents.

Selon la nature des effluents, différentes méthodes et techniques permettent de gérer les effluents. Dans tous les cas, avant d’être rejetés dans le milieu, ces derniers doivent être récupérés, traités si nécessaire (épurés), stockés puis recyclés.

1- Stockage et épandage : les effluents sont stockés dans des citernes ou fosses puis repris et épandus sur les surfaces de l’exploitation (l’épandage est l’action d’étendre un produit, ou une matière, sur le sol en le dispersant).

Exemple : l’épandage sur prairies avec tuyaux perforés permet de traiter : le lait non commercialisable, le lactosérum, les eaux brunes (eaux qui ont percolé à travers le fumier), le jus d’ensilage, les eaux vertes de l’aire d’attente, les eaux vertes des quais de traite et du fond de la fosse de traite ainsi que les eaux blanches. Dans ce type de traitements, les effluents passent par un décanteur dégraisseur (traitement primaire) pendant neuf jours. Les effluents, ainsi prétraités, seront stockés dans une fosse de stockage de l’effluent entre 10 et 18 jours. Enfin, ils vont être épandus sur le sol, au besoin, à l’aide de tuyaux d’épandage démontables.

2- Traitement des effluents : les solutions mises en œuvre permettent de diminuer la charge polluante via plusieurs étapes. Le choix des solutions sera principalement orienté par la nature des effluents à traiter : eaux blanches seules ou mélangées au lactosérum.

Exemple : Valorisation du lactosérum par compostage à l’aide d’un filtre biologique à compost. Le lactosérum est aspergé sur un filtre biologique à compost. Environ deux tiers du volume seront évaporés et le reste (un tiers environ) sera récupéré sous forme de matière sèche (mélangée au compost).

Recommandations pour la gestion des effluents des élevages caprins

Selon les recommandations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2012), il faut :

1. Se doter d’un système de gestion des déchets approprié

1.1. Adopter des pratiques de réduction, de réutilisation ou de recyclage des déchets de la ferme

Bon nombre de fermes peuvent réduire leur consommation d’eau et d’énergie en entretenant correctement l’équipement et les infrastructures ou en apportant des petits changements à leurs méthodes de travail. On peut aussi s’informer de la possibilité de recycler les plastiques, les fûts et les autres produits consommables.

1.2. Gérer le stockage et l’élimination des déchets de manière à minimiser leur incidence sur l’environnement

Bien choisir l’emplacement des lieux d’entreposage des déchets tels que les tas de fumier, les réservoirs d’eaux polluées et les dépotoirs en tenant compte de l’apparence et de l’odeur des déchets, des risques qu’ils présentent pour l’environnement et les animaux nuisibles.

Inspecter régulièrement les réservoirs d’eaux usées et les tas de fumier permanents pour des signes de fuite et de dégradation des structures, et réduire au minimum le risque que des substances polluantes ne s’écoulent dans l’environnement.

Veiller à ce que les autres déchets, tels que le lait non conforme, les carcasses, les plastiques d’ensilage, les produits agrochimiques et les engrais soient correctement éliminés de manière à prévenir la pollution de l’environnement et toute éventuelle maladie.

Éliminer les foyers de reproduction des mouches et d’autres insectes nuisibles potentiellement vecteurs de maladies.

Élaborer un plan simple de gestion des déchets pour déterminer le moment, le lieu et le dosage d’épandage du fumier, du lisier et des autres déchets organiques, de façon à réduire au minimum le risque de pollution.

2. Veiller à ce que les pratiques de production ne nuisent pas à l’environnement proche de la ferme

2.1. Contenir les effluents de la ferme laitière

Les producteurs devraient adopter des systèmes permettant d’éviter toute éventuelle contamination de l’environnement proche.

Les installations où sont entreposés l’huile, le jus d’ensilage, les eaux usées et d’autres substances polluantes doivent être situées en lieu sûr, et des précautions doivent être prises pour que les accidents n’entraînent pas la pollution des réserves d’eau locales.

Éviter d’éliminer des substances agrochimiques ou des médicaments vétérinaires dans les endroits où ils peuvent pénétrer dans l’environnement proche.

2.2. Utiliser correctement les produits chimiques, les produits vétérinaires et les engrais de façon à éviter la contamination de l’environnement proche de la ferme

Protéger l’environnement en suivant toujours les instructions sur les étiquettes des substances agrochimiques et les produits vétérinaires.

Veiller à l’entreposage sûr des substances agrochimiques, de préférence loin du lieu de collecte du lait.

Veiller à éliminer de façon sûre des produits chimiques périmés ou défectueux et de leurs contenants.

Envisager de lutter contre les animaux nuisibles à l’aide de méthodes biologiques et sans substances chimiques en éliminant, par exemple, les foyers de reproduction.

Recourir éventuellement à des pratiques intégrées de lutte antiparasitaire.

Appliquer les engrais de façon à réduire au minimum les risques liés à l’introduction d’éléments nutritifs en dehors du site.

Éviter d’utiliser des engrais qui contiennent des toxines, des métaux lourds et d’autres contaminants. Veiller à éliminer des sacs d’engrais vides ou à les réutiliser de façon sécurisée.

2.3. Veiller à ce que l’aspect général de l’entreprise laitière soit satisfaisant en tant que lieu où sont collectés des produits de bonne qualité

Afin de réduire les effets négatifs de la production laitière sur le paysage et de donner une image positive de cette activité, les producteurs laitiers devraient veiller à maintenir propres les routes d’accès et l’environnement de la ferme, à entretenir correctement ses bâtiments et à garder les voies empruntées par les bovins laitiers sans effluents. Ils devraient aussi s’assurer de ne pas nuire aux voisins ou aux installations locales en contrôlant la poussière, les odeurs, l’éclairage, le bruit, les mouches et les autres nuisances pouvant provenir de la ferme.