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Les caprins en Algérie : élevage, production et état des lieux

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Les caprins en Algérie : élevage, production et état des lieux

1. Introduction

La chèvre a toujours fait partie de la vie quotidienne de l’homme, elle est essentiellement élevée pour son lait, sa viande et son poil, si bien qu’elle est surnommée la vache du pauvre du fait qu’elle est de loin moins exigeante que le bovin en termes d’alimentation, de bâtiment d’élevage et surtout des contraintes sanitaires.

L’élevage caprin, en Algérie, est l’une des activités agricoles les plus répandues en régions difficiles. Il est en mesure d’en transformer les ressources sylvopastorales en produits de qualité, le lait de chèvre et la viande caprine sont en effet des sources nutritionnelles intéressantes, outre qu’elles participent aux revenus des populations rurales. Selon les statistiques de la FAO de 2015, le cheptel caprin algérien s’élève à près de 5 millions de têtes, autrement dit immédiatement après le cheptel ovin en fait d’importance numérique.

Le plus souvent associés aux ovins, les caprins exploitent les parcours des régions difficiles telles que le désert, la steppe et les montagnes, où ils constituent un moyen de valoriser les ressources sylvo-pastorales dans le cadre de systèmes d’élevage extensifs avec très peu d’intrants, ces ressources sont quasi inutilisables par d’autres espèces de ruminants, comme c’est le cas des bovins.

Même si les la plupart des caprins élevés sont de race locale, on retrouve parfois des races européennes comme l’alpine et la Saanen, ces animaux sont soumis à un système extensif strict, où l’alimentation dépend particulièrement des ressources sylvopastorales, et à l’inverse de l’ovin, ils bénéficient rarement de la complémentation. Le lait, faute de collecte, est majoritairement transformé en viande par les chevreaux, qui sont autoconsommés ou vendus à l’âge de 6 à 9 mois, alors qu’une partie est destinée à l’autoconsommation et parfois à la vente de proximité.

2. Les caprins dans le monde

Aujourd’hui, les chèvres sont réparties dans le monde entier, à l’exception de zones extrêmement froides. Les caprins sont très présents dans les pays à vocation agricole, bien que leur population augmente dans les pays les plus riches, principalement en raison de l’intolérance de certains groupes de personnes au lait de vache. Ils sont élevés en petits ou grands troupeaux et dans différentes régions steppiques, désertique, vallonnée ou montagneuses.

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), la population caprine mondiale est estimée à 1 045 915 764 têtes en 2018, dont le continent africain représente 41,88%. Contrairement à d’autres régions du monde où les chèvres ne sont pas élevées pour leur viande, qui est très peu appréciée, la viande
caprine est très prisée et consommée par la majorité de la population Africaine et qu’elle est même préférée à d’autres viandes pour des raisons inhérentes à la santé.

3. Caractérisation de l’élevage caprin en Algérie

En Algérie, les caprins sont élevés dans toutes les zones géo-climatiques notamment les zones difficiles que sont les régions montagneuses au nord et les zones steppiques et subdésertiques. Déjà en 2015, le cheptel caprin algérien dépasse les 5 millions de têtes. Caractérisé par une faible production laitière, le caprin est principalement élevé pour sa viande, qui est de plus en plus prisée par une large frange de la société, du fait qu’elle est perçue comme étant excellente pour la santé. Elle commence à supplanter les viandes ovines ou ovines, dont la consommation fréquente constitue un facteur de risque cardiovasculaire en favorisant le syndrome métabolique, dyslipidémie, hypertension, obésité, diabète de type II, hyperuricémie et cardiopathies.

Dans les zones montagneuses, notamment en Kabylie, dans les régions steppiques et à l’ouest du pays, ce type d’élevage est assez connu et généralement conduit en mode extensif. Cependant, quelques races laitières fraichement introduites sont élevées en mode intensif. Les caprins sont presque toujours associés aux ovins, les élevages caprins exclusifs sont quasi inexistants.

En définitive, l’élevage caprin revêt une importance capitale en développement rural, il fournit du lait et de la viande destinés à l’autoconsommation et assure un petit revenu notamment durant les années pluvieuses. Chez les éleveurs-agriculteurs, il apporte en outre du fumier pour remplacer les fertilisants chimiques, tant dans les cultures maraichères que fourragères.

4. Particularités des produits d’origine caprine, lait et viande

La chèvre (Capra hircus) est l’une des principales sources de lait et de produits carnés destinés à la consommation humaine. Le lait de chèvre diffère du lait de vache et du lait humain par sa composition et ses propriétés nutritionnelles. Le lait de chèvre et d’autres produits dérivés de la chèvre contiennent plusieurs composés bioactifs qui pourraient être utiles chez les patients souffrant de diverses maladies chroniques. Plusieurs peptides, graisses, et les oligosaccharides présents dans le lait de chèvre peuvent être potentiellement utiles contre les maladies cardiovasculaires, les troubles métaboliques, la dégénérescence neurologique ou dans la promotion de la santé intestinale. Ils ont également montré des propriétés chimiopréventives contre le cancer. De plus, les oligosaccharides présents dans le lait de chèvre ont des propriétés immunomodulatrices, empêchent l’adhésion des bactéries pathogènes et ont des effets prébiotiques et probifidogènes. En raison de ses bienfaits potentiels pour la santé, le lait de chèvre est particulièrement recommandé pour les nourrissons, les personnes âgées et les personnes en convalescence.

La viande caprine est une viande maigre, sa teneur en cholestérol et triglycérides est faible, sa valeur nutritive est excellente, son goût est moins marqué que celui de l’agneau. La viande caprine est de 50 à 65% moins grasse, que la viande de bœuf
préparée de façon similaire (0,79 g de gras pour 100 g pour la chèvre contre 6,8 g pour 100 g pour le bœuf d’après le « United States Department of Agriculture »

Le lait de chèvre est très nutritif, il contient des vitamines et des minéraux essentiels et des teneurs plus élevées de potassium, de fer et de vitamine A que le lait de vache.

Le lait, de quelque espèce qu’il soit, est composé d’eau, de lactose, de matières grasses, de protéines et de micronutriments. Bien que lait des différentes espèces de ruminants puisse partager le même profil de macronutriments, ils sont en fait très différents. Le lait de chèvre a plusieurs propriétés uniques par rapport au lait de vache. Alors que le lait de vache est la source de lait de choix dans le monde occidental depuis des siècles et reste une option saine pour beaucoup, le lait de chèvre devient de plus en plus le choix des consommateurs soucieux de leur santé en raison de sa composition naturellement facile à digérer. C’est aussi le lait le plus consommé au monde. En raison de son profil, le lait de chèvre est moins susceptible que le lait de vache de provoquer des troubles respiratoires, digestifs et dermatologiques chez les personnes à risque. En outre, si le lait de vache est proinflammatoire, en revanche, le lait de chèvre possède des propriétés antiinflammatoires et anticancéreuses, il est particulièrement indiqué aux personnes souffrant de polyarthrites.